
Convoquée ce lundi 1er juin 2026 par la Division spéciale de cybersécurité (DSC) de la police nationale, la journaliste et patronne de la chaîne Public SN, Aïssatou Diop Fall, a été entendue pendant plusieurs heures avant de recouvrer la liberté. Aucune mesure de garde à vue n’a été prise à son encontre.
Des propos qui ont mis le feu aux poudres
Tout a commencé par une déclaration fracassante d’Aïssatou Diop Fall sur son antenne. En réaction à l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, la journaliste a exprimé le souhait que des terroristes envahissent le Sénégal pour « se débarrasser » des nouvelles autorités. Des propos immédiatement relayés sur les réseaux sociaux, suscitant une vive indignation dans l’espace public.
Face au tollé, Aïssatou Diop Fall a publié une vidéo de mise au point, présentant ses excuses. Mais cette rétractation n’a pas suffi à éteindre l’incendie judiciaire.
Le parquet entre en jeu
Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, Ibrahima Ndoye, a ordonné une autosaisine et instruit le chef de la DSC de convoquer la journaliste pour audition. La convocation est fixée à 11 heures ce lundi matin.
En vertu de la loi sénégalaise sur la cybercriminalité, la diffusion via internet ou les réseaux sociaux de propos jugés incitatifs à la violence, attentatoires à l’ordre public ou constitutifs de menaces expose leurs auteurs à des poursuites pénales, même en l’absence de passage à l’acte.
Audition terminée, liberté retrouvée
Selon des sources proches du dossier, Aïssatou Diop Fall a coopéré avec les enquêteurs tout au long de son audition. Au terme de la procédure, aucune mesure de garde à vue n’a été prononcée. Elle est rentrée libre. Son dossier pourrait toutefois être transmis au parquet sous forme de renseignement judiciaire, laissant ouverte la possibilité de poursuites ultérieures.
Cette affaire illustre la tension croissante entre liberté d’expression et responsabilité pénale dans l’espace numérique sénégalais, dans un contexte politique particulièrement électrique.
Ce n’est pas la première fois que la directrice de Public SN se retrouve face aux enquêteurs. En septembre 2025, elle avait déjà été entendue par la DSC dans le cadre d’une plainte en diffamation déposée par la journaliste Thioro Mandela, avant d’être relâchée sans poursuites immédiates.