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Autoroute à péage au Sénégal : un système de facturation obsolète qui étouffe les usagers

LA REDACTION
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Autoroute à péage au Sénégal : un système de facturation obsolète qui étouffe les usagers

Un expert propose une refonte complète du système de tarification pour plus d’équité et de fluidité

Depuis plus d’une décennie, les usagers de l’autoroute à péage sénégalaise dénoncent deux problèmes majeurs : des tarifs jugés exorbitants et des embouteillages monstres aux points de péage. Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux, un analyste et observateur des politiques publiques propose une solution technique innovante qui pourrait révolutionner la gestion de cette infrastructure stratégique.

Des promesses politiques non tenues

Le problème n’est pas nouveau. Macky Sall lui-même, lorsqu’il était dans l’opposition, avait fait de la cherté des péages l’un de ses chevaux de bataille. Arrivé au pouvoir, après avoir boudé une cérémonie d’Eiffage, l’ancien président s’était contenté d’une réduction symbolique des tarifs sur quelques péages hors de Dakar, sans s’attaquer au cœur du problème.

L’arrivée du Pastef au pouvoir en 2024 avait ravivé les espoirs. Le nouveau régime a certes construit de nouvelles bretelles à Rufisque 2 et Keur Massar, permettant de désengorger partiellement la sortie 9 (Sédima), devenue impraticable. Mais selon l’analyste, ces aménagements restent largement insuffisants face aux défis quotidiens que rencontrent les usagers.

L’absurdité du système actuel

Le constat est accablant : une autoroute à péage, censée offrir une alternative rapide mais payante à la route nationale, devient souvent un piège aux heures de pointe. La cause ? Des points de péage installés en plein milieu de la voie de circulation (Thiaroye, Rufisque, Toglou), créant de véritables goulots d’étranglement.

Mais le problème le plus criant réside dans l’inéquité flagrante de la tarification. L’exemple est édifiant : un automobiliste entrant à la Patte-d’Oie pour sortir à Rufisque (sortie 9) paie exactement le même tarif qu’un autre entrant à Thiaroye pour sortir à Keur Massar. Résultat ? Tous deux déboursent 1 000 FCFA après avoir perdu près de 20 minutes au péage de Thiaroye, alors que le premier a parcouru 27,4 km contre seulement 8,7 km pour le second.

C’est une facturation totalement injuste qui ne repose sur aucune logique, dénonce l’analyste dans son post.

Une solution technique existe

Pour mettre fin à cette aberration, l’expert propose une refonte complète du système inspirée des meilleures pratiques internationales : la facturation à l’usage.

Le principe est simple et efficace :

À l’entrée : chaque véhicule reçoit un ticket, une carte ou un QR code qui identifie le point d’entrée sur l’autoroute.

À la sortie : l’usager présente son ticket, sa carte ou effectue un scan. Le système calcule automatiquement la distance parcourue et affiche le tarif correspondant. Pour les détenteurs de la carte Rapido, le montant est déduit automatiquement et s’affiche sur l’écran de la barrière de contrôle.

Les avantages sont multiples :

  • Suppression des péages au milieu de la voie, donc meilleure fluidité du trafic
  • Tarification cohérente et équitable basée sur la distance réellement parcourue
  • Gain de temps considérable pour tous les usagers
  • Fin des frustrations liées au paiement d’un forfait fixe injuste

L’enjeu de l’interopérabilité Senac-ADS

La question du passage entre les zones gérées par la Senac et par ADS (Autoroutes du Sénégal) mérite une attention particulière. Actuellement, les usagers doivent encore franchir le péage de Toglou, situé au milieu de la voie, pour récupérer leur carte.

L’analyste propose une solution élégante : connecter les systèmes des deux opérateurs via une API centralisée au niveau étatique, potentiellement fournie par Sénégal Numérique.

Concrètement, quel que soit le point d’entrée, même en franchissant une zone gérée par un autre opérateur, le système de sortie sera informé automatiquement du point d’entrée via l’API. L’usager paie la totalité du trajet à la sortie, et un système de compensation mensuel gère les reversements entre les deux exploitants.

Bonus appréciable : si l’API est centralisée côté État, cela permettrait d’avoir une vue exhaustive et en temps réel du trafic sur ces tronçons stratégiques, facilitant ainsi la planification et la prise de décision.

Une réforme urgente et nécessaire

Les technologies existent, les exemples internationaux abondent, et la demande des usagers est claire. Il ne reste plus qu’une volonté politique pour transformer cette proposition en réalité.

Dans un contexte où le nouveau régime affiche sa détermination à moderniser les infrastructures et à rendre justice aux citoyens, l’adoption d’un tel système pourrait constituer une victoire rapide et concrète, susceptible d’améliorer le quotidien de centaines de milliers d’usagers.

La balle est désormais dans le camp des autorités. L’autoroute à péage du Sénégal mérite mieux qu’un système de facturation d’un autre âge qui pénalise injustement ceux qui l’empruntent.

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