Guissé Pène, consultant culturel et figure respectueuse du milieu artistique sénégalais, alerte sur le désarroi des artistes face à l’inaction des autorités et des médias. Entre l’attente de l’application de la copie privée, l’absence d’un véritable statut de l’artiste et la faible visibilité médiatique, il appelle à une mobilisation collective du secteur culturel.
La situation des artistes sénégalais continue de susciter inquiétudes et interrogations. Dans une publication rendue publique sur sa page Facebook, l’artiste Guisse Pene a dressé un constat critique de l’état du secteur culturel au Sénégal, appelant à une prise de conscience collective.
Selon lui, plusieurs réformes attendues depuis des années peinent à se concrétiser. Il cite notamment la question de la copie privée, la mise en place d’un statut clair pour l’artiste, ainsi que l’élaboration d’un plan de relance du secteur culturel. Malgré les espoirs nourris par les professionnels de la culture, aucun signal concret ne semble encore se dessiner.
L’artiste évoque également un sentiment de désengagement au sein même du milieu artistique. À part quelques prises de parole sur les réseaux sociaux réclamant l’application du mécanisme de la copie privée, les organisations et associations du secteur semblent, selon lui, avoir perdu de leur dynamisme dans la défense des intérêts des créateurs.
Une présence réduite des artistes dans les médias
Dans sa publication, Guisse Pène souligne aussi la place de plus en plus limitée accordée aux artistes dans les médias audiovisuels sénégalais. Il cite notamment certaines grandes émissions diffusées sur des chaînes comme TFM, Sentv, ITV ou encore 2stv, où les artistes seraient, selon lui, de moins en moins présents.
Il estime que cette situation est paradoxale dans la mesure où la musique et la création artistique constituent une part importante du contenu audiovisuel et contribuent à l’attractivité des programmes télévisés.
La culture comme pilier de la société
Pour Guisse Pène, la culture ne doit pas être considérée comme un luxe. Elle joue un rôle central dans la construction de l’identité nationale, l’éducation des jeunes et la promotion des valeurs sociales.
Il rappelle que l’État a la responsabilité de créer les conditions permettant aux artistes de vivre dignement de leur travail. Investir dans la culture, souligne-t-il, revient également à investir dans la cohésion sociale et dans l’avenir du pays.
Un appel à l’unité et à l’organisation
Face aux difficultés rencontrées par les acteurs culturels, l’artiste appelle à un sursaut collectif. Il encourage les artistes à s’unir, à mieux s’organiser et à proposer des solutions pour renforcer leur place dans la société.
Il invite également les médias à redonner davantage de visibilité aux créateurs et les institutions à traduire leurs engagements en actions concrètes.
« Sans artistes, une nation perd ses couleurs, ses rythmes et ses récits », affirme-t-il, estimant qu’un pays qui néglige ses créateurs se prive d’une part essentielle de son identité.





