Un groupuscule écologiste anti 5G revendique l’incendie d’OVH :« nous refusons toutes ces technologies qui concourent au pilotage numérique de la planète et des comportements »

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La feuille de route de déploiement de la 5G en France est connue depuis le début de la deuxième moitié de l’année 2018. Fait notable : le plan ne parle de la technologie qu’en termes d’avantages (instantanéité, fiabilité, etc.). Pourtant la technologie est au centre d’une controverse quant à ce qui concerne son déploiement. Celle-ci prend un coup de neuf avec la revendication de l’incendie d’OVH par un groupuscule écologiste anti 5G :

« Nous devons révéler cette information que les médias du monde entier ne manqueront pas de passer sous silence. Nous pensons être à l’origine de l’incendie qui dévasta, ce mercredi 10 mars, les data centers strasbourgeois d’OVH, premier hébergeur français. OVH, c’est 400 000 serveurs, 32 data centers, 2500 salariés, 600 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019. Pour combien de Kilowatts d’énergie consommée ? On ne le sait pas exactement. Nous savons par contre que le numérique consommait 10 % de l’électricité mondiale en 2015. Aujourd’hui ce doit être pire.

« Nous refusons les nuisances de l’industrie numérique, depuis les mines chinoises de métaux rares jusqu’aux décharges du Ghana et du Nigeria, en passant par la production d’électricité atomique, houillère, et renouvelable, partout sur la planète.

« Aussi, nous refusons le mode de vie imposé par l’industrie numérique, qu’accélère l’épidémie de Covid. Nous refusons la déshumanisation des rencontres et l’automatisation du travail. Nous refusons la 5G, la 4G, la fibre optique et toutes ces technologies qui concourent au pilotage numérique de la planète et des comportements.

« Nous refusons la passivité imposée des écrans. Nous refusons l’enfermement sectaire et le genre de relations barbares engendrées par les bulles sociales que certains nomment encore « réseaux sociaux ». Nous luttons contre notre obsolescence programmée. Nous luttons plutôt pour la vie.

« La date de notre action n’a pas été choisie au hasard. L’incendie devait se déclarer le 11 mars, pour le dixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima. Nous avons remonté le flux numérique depuis un grille-pain connecté pour nous introduire jusqu’au data center d’OVH et déclencher un court-circuit, cela par la seule force de notre esprit, aidés seulement de quelques cartons de LSD. Mais les cartons étaient trop dosés, une fois à l’intérieur, on a fait n’importe quoi, et le feu s’est déclaré trop tôt – si toutefois la seule puissance de nos cerveaux défoncés peut causer de tels dommages, ce qu’on ne saura malheureusement jamais. Voilà, désolé pour le contretemps. Bonne journée. L’Organisation Vraiment Hinfaillible. 11 mars 2021. »

Alors que le nombre d’infections au Covid-19 allait croissant au Royaume-Uni au cours du mois d’avril dernier, une théorie du complot alléguant que la maladie est liée à la 5G montait en puissance. En raison de celle-ci, de nombreuses tours de réseaux mobiles avaient été détruites dans le pays. YouTube avait été obligé de prendre des mesures drastiques pour arrêter la propagation de contenus liant la maladie à la technologie 5G.

Grosso modo, la technologie reste très controversée. Pierre Hurmic – nouveau maire de Bordeaux – estime que les populations n’ont pas à se voir imposer une technologie dangereuse : « Je trouve totalement inadmissible qu’on puisse imposer la 5G sans expliquer, sans discuter, sans voir ce que sont les aspirations des habitants. Vous savez, je suis avocat dans le civil, je me suis battu ces dernières années contre Linky. Je n’aime pas les techniques imposées. La 5G mérite un vrai débat, il faut indiquer à nos concitoyens quels sont les dangers de la 5G. Il y a des dangers liés à la 5G et je pense qu’il faut mettre cette discussion sur la table pour que les Bordelaises et les Bordelais n’apprennent pas du jour au lendemain que leur territoire est couvert par la 5G. »

Pierre Hurmic rejoint ainsi plusieurs maires écolos nouvellement élus sur la question. D’avis de ces derniers, la 5G mérite des études d’impact sérieuses sur la santé et l’environnement. Sur la base de données tirées de déploiements pilotes représentatifs menés en France, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) a, en avril dernier, publié les conclusions d’une évaluation de l’exposition de l’exposition du public aux ondes électromagnétiques des réseaux 5G. Il en ressort que pour les fréquences dans la bande 3400-3800 MHz, c’est-à-dire celle qui sera utilisée lorsque la 5G fera ses débuts dans l’Hexagone, les mesures observées sont très inférieures aux seuils qui ont été fixés par la loi. En moyenne, le niveau d’exposition atteint 0,06 volt par mètre (V/m) sur les 43 sites que l’ANFR a examinés. Le pic le plus haut a été mesuré à 0,36 V/m. Grosso modo, le rapport parlait de « résultats rassurants. » Ceux des évaluations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur les effets de la 5G sur la santé sont attendus au premier trimestre 2021.

En France, Priartém et Agir pour l’environnement reprochent au gouvernement de lancer dans la plus grande précipitation, sans en mesurer les conséquences, un projet si important qui fait peser des risques sur la santé, l’environnement et les libertés publiques. Dans un communiqué publié au cours du mois de janvier de l’année qui tire à son terme sur leurs sites web respectifs, Stephen Kerkhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, qui mène cette bataille avec l’association Priartem, s’exprimait :

« Alors que ce projet d’ampleur aurait dû faire l’objet d’un débat public en bonne et due forme, comme nous l’avons rappelé à plusieurs reprises, le gouvernement lance cette nouvelle technologie dans la plus grande précipitation, sans en mesurer les conséquences », lit-on. « On inverse les choses ; on prend la décision et on réfléchit après […]. On ne dispose quasiment d’aucun élément sur les évaluations sanitaires et environnementales. » La France insoumise vient de même de demander un moratoire au déploiement de la 5G afin de stopper les projets en cours et engager une concertation avec la population.

La signature (OVH pour Organisation Vraiment Hinfaillible) de cette revendication de l’incendie d’OVH laisse croire qu’il s’agit d’un canular. De façon officielle, OVH lie la survenue de l’incendie à un onduleur qui avait subi une maintenance la veille.

Source : revendication (pièce jointe)

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