Libye: Abdoulaye Bathily, nouvel envoyé spécial des Nations unies

55

La Libye dispose enfin d’un nouvel envoyé spécial de l’ONU, plus de dix mois après la démission du Slovaque Jan Kubiš. António Guterres a nommé, dans la nuit de vendredi à ce samedi 3 septembre, le diplomate sénégalais, Abdoulaye Bathily. Le secrétaire général des Nations unies a quelque peu forcé la main à l’une des parties libyennes qui l’avaient d’abord rejeté, il y a quelques semaines, dans ce pays où deux gouvernements se disputent le pouvoir.

Abdoulaye Bathily était pressenti à ce poste, depuis début août. Une première tentative de nomination à ce mandat avait capoté, le 15 août dernier, malgré l’aval de tous les membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette première avait alors buté sur une opposition du gouvernement de Tripoli qui ne voulait pas en entendre parler.

Depuis, le secrétaire général de l’ONU a parlé avec le gouvernement dirigé par Abdelhamid Dbeibah, selon une source onusienne. L’a-t-il convaincu ou est-il passé en force ? Personne ne le sait pour le moment.

Toujours est-il qu’António Guterres a officialisé, cette nuit, la nomination du diplomate sénégalais en tant qu’envoyé spécial pour la Libye et, selon un spécialiste de la Libye, il y avait urgence. Plusieurs propositions de candidature avaient été rejetées par le Conseil de sécurité, depuis la soudaine démission de son prédécesseur, le Slovaque Jan Kubiš, en novembre dernier, alors que de nouvelles violences secouent Tripoli, depuis juillet.

À 75 ans, Abdoulaye Bathily, huitième représentant spécial de l’ONU et premier Africain à occuper ce poste très délicat, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, aura fort à faire.

« Sa principale mission sera d’organiser un dialogue entre les gouvernements libyens rivaux avec, comme objectif ultime, d’organiser des élections consensuelles », selon notre source onusienne.

Mais il ne se fait guère d’illusions. « Les difficultés viendront de partout, des acteurs internes et externes », a ajouté notre source.

« Une mission à haut risque »

Joint par RFI, Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, estime que déjà la nomination d’Abdoulaye Bathily tient du miracle mais, selon lui, il a peu de chances de réussir sa mission.

Il a un chantier très important. D’abord de fédérer tous les Etats voisins de la Libye et, l’autre complication, c’est bien-sûr d’avoir le soutien des acteurs régionaux, sans oublier bien-sûr la Russie. Donc, c’est vraiment une mission très délicate, une mission à haut risque.

PARTAGER
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires