Législatives en Israël: Netanyahu en tête mais sans majorité, un parti islamique s’invite

67

Sans surprise, Benyamin Netanyahu arrive en tête des élections législatives en Israël, selon les premiers résultats tombés mardi 23 mars. Mais le Premier ministre sortant n’obtient pas, pour le moment, la majorité nécessaire pour gouverner. Le décompte des voix se poursuit. Et l’on va de rebondissement en rebondissement. À l’heure actuelle, il semble que les deux grands blocs ne puissent pas mettre sur pied une coalition sans l’aide d’un parti islamique.

Ambiance morose dans les rangs du Likoud, écrit notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Ces quatrièmes élections ont suscité de l’espoir. Les partisans de Benyamin Netanyahu s’attendaient à une victoire nette. Pour Mody, un jeune militant, cette courte victoire sans majorité claire constitue une douche froide : « La situation est tendue. Je vais me coucher et je ne sais pas qui sera Premier ministre demain matin. J’espère que ce sera Benyamin Netanyahu. Au moins, on le connaît. »

Dans la nuit, Benyamin Netanyahu a revendiqué « une immense victoire de la droite ». Un cri de ralliement à travers lequel il espère rassembler des soutiens suffisants pour rester au pouvoir.

Des jeux d’alliances à venir ?

L’alternative serait une coalition de partis du centre et de gauche au pouvoir. Mais cela, Shmuel, un autre militant du Likoud, ne veut pas en entendre parler. Alors, pour lui, il faut absolument rassembler la droite : « Netanyahu doit tendre la main aux autres leaders de la droite comme Naftali Bennett et Gideon Saar. Autrement, soit nous irons vers des cinquièmes élections, soit la gauche gagnera. Et ça, c’est inacceptable. »

Un nouveau bouleversement est intervenu dans le décompte des voix, rapporte notre correspondant à JérusalemMichel Paul. Et il est de taille… Le parti arabe Ra’am franchit le seuil électoral. Avec les cinq députés qui lui sont promis, il devient en fait le « fléau » de la balance entre les deux grands blocs politiques : les partis en faveur de l’actuel Premier ministre, Benyamin Netanyahu, et ceux qui prônent un changement de pouvoir.

Le Likoud est toujours largement en tête mais son chef, M. Netanyahu, n’est plus à même de former une coalition majoritaire à ce stade sans les voix de Mansour Abbas, le numéro deux du mouvement islamique en Israël.

Les résultats définitifs ne seront pas connus avant vendredi. Une seule certitude : aucun parti n’obtient de majorité pour gouverner. Tout repose sur des jeux d’alliances.

Prudence

C’est donc avec prudence que le Premier ministre israélien sortant accueille le résultat des élections. Le décompte des voix est loin d’être terminé. Ce n’est que ce soir que les 400 000 votes sous enveloppes doubles, des militaires, diplomates, détenus et aussi pour la première fois des équipes médicales et des positifs au Covid-19 vont commencer à être pris en compte.

Et cela pourrait changer radicalement le résultat de ces élections. Benyamin Netanyahu a cependant déjà indiqué son option principale : un gouvernement de droite, stable et fort, selon ses propres termes. Et la nuit dernière, il a déjà pris contact avec les partenaires de sa future coalition qui serait, toujours selon les prévisions, la plus à droite qu’ait connue Israël.

Retour de sujets comme l’annexion d’une partie de la Cisjordanie ?

Cela pourrait remettre sur la table des sujets tels que l’annexion d’une partie de la Cisjordanie, l’affaiblissement du système judiciaire et, bien sûr, le gel des poursuites judiciaires contre Netanyahu lui-même. Pour l’éditorialiste de Yediot Aharonot, tout va dépendre désormais des kahanistes d’extrême droite et c’est, estime-t-il, une véritable « catastrophe idéologique ».

PARTAGER
0 0 voter
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments