Le Sénégal au cœur d’une abjecte conspiration. (Par Boubacar Sadio)

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« DIEU abhorre les traitres. Quelle infâme abomination que d’invoquer, avec une désinvolture sarcastique, des versets du Saint Coran, pour justifier sa sordide et exécrable trahison ! »

Depuis quelques semaines, le Sénégal, notre beau et charmant pays, est animé par des débats portant sur les récentes décisions de son Excellence Macky Sall alias « Thiompal ». 

Quand il avait annoncé, avec brutalité et de manière cavalière, la dissolution du gouvernement, les Sénégalais s’attendaient à la mise en place d’une nouvelle équipe qui incarnerait une véritable rupture et ouvrirait la voie à une nouvelle forme de gouvernance sobre et vertueuse dans la gestion des affaires publiques pour une meilleure prise en charge des préoccupations et des besoins des populations. 

A l’arrivée, nous avons assisté à une grosse farce très illustrative du peu de respect, de considération et d’égard que le Président Macky Sall a pour ses  compatriotes

Après avoir tenu tout le pays en haleine pendant quatre interminables jours, durant lesquels, spéculations, conjectures et vaticinations ont alimenté les discussions dans les différents cercles, son Excellence Macky Sall nous a sorti de son chapeau un gouvernement qui, à y voir de près, n’est que le clone du précédent. On y a noté, sans surprise aucune, l’entée de transhumants, ces traitres honnis et vomis par le peuple, provenant de la faune des bêtes immondes dont les principes et les convictions ne sont déterminés que par les besoins alimentaires de leurs panses. Il a été noté la défenestration brutale d’anciens compagnons de lutte, soupçonnés à tort ou à raison d’avoir des ambitions présidentielles. Pourquoi ces Sénégalais ne devraient- ils pas aspirer à la plus haute charge de ce pays ? Macky Sall, est-t-il plus digne qu’eux ? A-t-il une meilleure naissance qu’eux ? Est-t-il d’une meilleure extraction sociale ? Que nenni. 

Il s’agit pour ces ministres et  les autres autorités remerciés comme des malpropres de montrer au Président Macky Sall qu’ils ont de la dignité, le sens de l’honneur et une fierté que ne saurait altérer un quelconque avantage matériel. En cela, malgré leurs comportements très répréhensibles d’antan, j’approuve l’attitude de maitre Moussa DIOP et d’Aminata Touré, contrairement aux autres larbins qui, toute honte bue, ont renouvelé leur douteuse allégeance à leur maitre et qui semblent ignorer que c’est ALLAH Le Tout-Puissant qui est l’unique dispensateur des faveurs ; ils attribuent tout au Président Macky Sall, oubliant même  la bénédiction de leurs braves parents qui n’ont jamais cessé de prier pour eux depuis leur naissance.

Le fait marquant de ces changements institutionnels a été la nomination surprise et étonnante du sieur Idrissa Seck à la tête du Conseil économique, social et environnemental en remplacement de la dame Aminata Touré. 

Cette dernière, fidèle parmi les plus fidèles, s’est toujours illustrée comme une infatigable battante, une fervente partisane et un solide bouclier du Président  Macky Sall dont elle ne tolérait jamais qu’il fut l’objet d’attaque, notamment de celui qui, aujourd’hui, ironie du sort, a été le plus grand contempteur et féroce pourfendeur de son mentor, Idrissa Seck pour ne pas le nommer. Son limogeage est d’autant plus humiliant qu’elle a été remplacée par ce même Idrissa Seck qui ne ratait aucune occasion pour dénoncer le Conseil économique, social et environnemental qu’il considérait comme inutile, inefficace et budgétivore ; n’avait-t-il pas promis de le supprimer une fois élu Président de la république ?

Il n’y a vraiment pas lieu de revenir sur les raisons fallacieuses et les explications laborieuses et filandreuses que nous a fournies le sieur Idrissa Seck pour justifier sa capitulation et son nouveau statut de « dame de compagnie » du couple présidentiel. Le prétexte de la covid-19 ne tient guère la route ; par contre, il a fait un aveu de taille en déclarant qu’il était en discussion avec le Président Macky Sall depuis quinze mois, donc bien avant l’apparition de la pandémie. Ces discussions étaient ponctuées par des têtes à tête entre les deux conspirateurs et ce, à l’insu de leurs partenaires et de leurs proches collaborateurs ; quelle déloyauté, quelle duplicité et quelle ignoble manière de faire de la politique ! Il faut vraiment avoir l’esprit retors pour se comporter ainsi. 

Ce qu’il faut savoir, c’est que les discussions entre MBOUROU ak SOW ont débuté bien avant la présidentielle. J’avais fait une contribution dans laquelle je dénonçais la timidité et la morosité de la campagne des candidats de l’opposition, excepté Ousmane Sonko qui attaquait frontalement Macky Sall. J’avais fustigé le manque d’engagement et d’enthousiasme du candidat Idrissa Seck qui se contentait de lever les bras et d’offrir un sourire emprunté, se gardant d’effaroucher le candidat sortant, les négociations  étant en cours. Après l’élection présidentielle, n’a-t-il pas déclaré publiquement qu’il ne critiquera plus le Président Macky Sall ?

Lors d’une visite de l’opposition, un chef religieux a déclaré que Macky Sall doit comprendre que l’inaction de certains membres de celle-ci résulte tout simplement de « ndigeul reçu » et qu’il ne doit point se méprendre à ce sujet. Pour, ainsi, dire que des marabouts sont parties prenantes de ce scabreux, scandaleux et honteux deal entre MBOUROU ak SOW ; Idrissa Seck, lui-même, n’a-t-il pas évoqué des prescriptions venant de religieux ? Lors de son installation, le nouveau Président du Conseil économique, social et environnemental a déclaré que le Président Macky et lui étaient comme « Mbourou ak Sow », confirmant ces derniers propos, quand il disait que tous les deux avaient retrouvé leur complicité d’antan. 

Pour la gouverne des Sénégalais, et prenant à témoin tous les grands responsables du PDS, je puis affirmer qu’il n’y a jamais eu de complicité entre Macky Sall et Idrissa Seck. Ce dernier a toujours traité Macky Sall avec mépris et condescendance. Il n’a jamais eu la moindre considération ni le moindre respect pour ce « lourdeau » dont il fustigeait le manque d’ambition ; combien de fois l’a-t-il humilié publiquement ? Combien de fois l’a-t-il fait poireauter devant son bureau ou son domicile avant de daigner le recevoir ? Idrissa Seck avait une ascendance réelle sur un Macky Sall qui, devant ce dernier, perdait toute assurance. On pourrait raconter des anecdotes pour étayer nos propos, mais cela n’intéresse pas trop les Sénégalais. 

Quant à Macky Sall, il nourrissait visiblement un très grand complexe d’infériorité devant Idrissa Seck qu’il admirait mais pour lequel il nourrissait un sentiment de dédain. Il a toujours été docile et servile devant Ndamal- kadior qu’il n’a jamais osé contredire.

C’est plus tard, avec le soutien du Président Abdoulaye Wade, que profitant de l’affaire des « chantiers de Thiès » qu’il a essayé et voulu prendre sa revanche sur Idrissa Seck. C’est avec délectation qu’il a eu à convoquer les représentations étrangères pour lire, devant toute la presse nationale et internationale, l’acte d’accusation qui faisait passer Idrissa Seck pour le pire délinquant que le Sénégal n’ait jamais connu. Il prenait ainsi sa revanche sur celui qui l’a longtemps considéré comme un minus habens, un minable qui, une fois était venu le voir pour lui dire qu’il se contenterait , bien volontiers, d’un poste de directeur général adjoint N’eut été la vigilance et un sentiment humain qui a toujours habité le Président Wade, Idrissa SECK  se serait retrouvé à Kédougou pour y purger une peine infamante à l’instar du Président Mamadou Dia. 

Les relations entre messieurs Idrissa Seck et Macky Sall ont de tout temps été asymétriques avec une nette ascendance du premier nommé qui exerçait une autorité manifeste sur le second qui, stoïquement et silencieusement, acceptait des rapports de subordination et de soumission envers celui qu’il a toujours considéré comme son patron. On pourrait même dire, pour etre plus illustratif, que c’était une relation comme celle qui lie le cavalier à son cheval ; d’ailleurs le choix du cheval comme emblème ne serait peut-être pas le fait du hasard. 

Quand le Président Macky Sall avait demandé à son grand frère d’etre moins acerbe dans ses critiques, Idrissa Seck lui fit remarquer que c’est lui Macky Sall qui avait choisi le cheval comme symbole, et qu’un cheval il faut toujours le fouetter pour qu’il galope. La vérité est que les rapports entre Mburu ak Sow n’ont jamais été faciles ; cela a toujours été des relations conflictuelles et heurtées qui ont guidé leurs différents comportements. Ces deux personnages se détestent cordialement, ils ne se font pas du tout confiance, chacun attendant la moindre occasion pour éliminer l’autre de la vie politique. Il y a une animosité viscérale entre eux, et deal auquel ils ont abouti n’a pu se réaliser qu’avec l’intercession de guides religieux qui ont dû apporter leur caution morale.

Le Sénégal souffre de plusieurs maux chroniques qui constituent autant de facteurs dirimants au développement et à l’essor du pays ainsi qu’à l’épanouissement des populations qui en subissent les effets néfastes sans pouvoir, apparemment, y trouver une solution. Il s’agit entre autres de la perversion des principes républicains, de la déliquescence morale de nos dirigeants, de l’immixtion intempestive et de mauvais aloi de certains marabouts dans les combines politiques, de l’hypocrisie et de la malhonnêteté intellectuelle de beaucoup de cadres autour des leaders politiques, de la lâcheté d’une grande partie des intellectuels et du manque d’agressivité d’une société civile disparate.

Il est bien évident que mes présents propos sur le sieur Idrissa Seck, largement partagés par tous les dignes fils de ce pays, ne plaira guère à ses affidés, séides et autres flagorneurs qui attendent leurs parts de subsides. Ils se déchaineront pour apporter la réplique à travers des formules absconses et amphigouriques vides de sens et d’aucun intérêt ni apport cognitifs ou à travers une phraséologie creuse qui relève plus du sophisme et de la mystification que d’un argumentaire sérieux, élaboré et pertinent sur la base d’éléments d’appréciation objectifs. Ne tiennent-ils pas de leur mentor qui excelle dans la duplicité et la tortuosité. Les responsables de « REWMI » n’ont eu de cesse de seriner dans tous les nombreux et multiples débats auxquels ils participaient que tous ceux qui avaient rejoint le Président Macky Sall étaient des traitres. Ainsi,  qui rejoint Macky Sall est un traitre, puisqu’ils ont rejoint Macky Sall, ils sont donc des traitres ; simple syllogisme facile à comprendre et qui leur est applicable.

Le fait le plus grave, le plus révoltant  et qui a offusqué et outré tous les vrais musulmans de ce pays, et peut-être même du monde, c’est cette tendance malsaine du sieur Idrissa Seck à user des paroles de Dieu pour abuser son auditoire. A l’écouter et à l’entendre, personne ne serait responsable de ses actes ; il faudrait tout simplement imputer les actes de reniements., de renoncements, de trahisons, de parjures et d’abjurations à un seul responsable qui ne serait personne d’autre qu’Allah Le Tout-Puissant. L’homme ne peut que proposer et Seul 

Le Bon Dieu dispose, aussi ne peut-il etre que le seul et unique responsable de nos malveillances, de nos méchancetés, de nos trahisons, de nos mensonge, en somme de tous nos péchés. Quel blasphème ! C’est à croire que le sieur Idrissa Seck, l’homme de Bakka et de Makka, ne réfléchit pas quand il parle ; à trop vouloir séduire il se détruit par ses propres propos. Quelle infâme abomination que d’invoquer des versets du Saint Coran, avec humour, désinvolture et sarcasme, pour justifier sa sordide, exécrable, ignoble et abjecte trahison ! C’est vraiment le comble du sacrilège et l’expression d’une déviance spirituelle symptomatique d’un dérèglement psychologique. Comment ose-t-on associer et invoquer Allah Le Tout-Puissant dans les bassesses du jeu politique ? 

Que tout le monde se le tienne pour dit, il n’y aura ni troisième candidature ni dauphinat au Sénégal.

Le pouvoir au peuple, les servitudes aux dirigeants

Dakar le 24 Novembre 2020.                                

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police de classe

Exceptionnelle à la retraite.

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