Il faut dire au Président du CNRA, Babacar Diagne…

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Il a mieux à faire que d’organiser des tournées pour expliquer à des reporters comment couvrir des élections. Parmi les missions du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), on peut relever : « veiller au respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et du caractère laïc de la République dans les contenus des messages audiovisuels ». Je retiens ici juste l’aspect relatif à l’unité nationale. Aujourd’hui avec la TNT et les facilités dans la diffusion de contenus, des radios et des chaînes de télévisions pullulent sur les réseaux de ceux qu’on appelle les câblodiffuseurs. Des télés et radios communautaires, des télés et radios religieuses. Pourtant depuis deux ans, le CNRA rappelle les télévisions la nécessité de respecter l’équilibre social et religieux à travers des émissions consacrées à des confréries et même avec les sketchs durant le mois de Ramadan. Le problème est permanent et ne concerne pas seulement les télévisions les plus connues du paysage audiovisuel.

Si le CNRA était mis sur pied «  pour gérer le nouveau paysage audiovisuel sénégalais, marqué par l’avènement de plusieurs stations de radios commerciales, communautaires et la perspective de nouvelles chaînes de télévisions », le constat est qu’aujourd’hui, l’organe ou l’homme qui l’incarne, son Président Babacar Diagne est dépassé par l’évolution du paysage médiatique sénégalais. Babacar Diagne et ses équipes doivent faire des efforts pour faire l’audit de ce que le pays compte comme radios et télés et voir le poids de leur contenu sur la marche du Sénégal.

Jamais dans l’histoire de ce pays autant de journalistes n’ont eu l’opportunité de souffler dans l’oreille du Chef de l’Etat pour lui dire les véritables maux de la presse sénégalaise. Ils se sont malheureusement contentés peut-être de s’occuper de leurs problèmes et les difficultés de leurs entités. Mais la presse publique comme privée ont besoin de l’appui de l’Etat pour leur participation dans la consolidation de la démocratie, la cohésion sociale, la création d’emplois.

Au moment où les débats se poursuivent encore sur des textes comme le Code de la presse, la Loi sur la publicité, L’avènement de la Société de Télédiffusion du Sénégal (TDS SA), l’unique télédiffuseur dans le paysage audiovisuel, le CNRA comme toutes les structures qui tournent autour de la profession doivent se retrouver pour faire avancer les choses à l’aune de l’Emergence qui est chantée pour ce pays.

J’étais dévasté ce jeudi 09 juin en regardant Ibrahima Lissa Faye, Président de l’Association des professionnels de la presse en ligne (APPEL) parlait des difficultés pour des confrères de se soigner ainsi que des membres de leur famille avec le retard apporté sur la mise en place de la Mutuelle de santé des professionnels des médias. Je ne fais pas le lien avec le décès brutal de notre confère et ami Mamadou Sarr (Paix à son âme), mais l’esprit divaguant t’expose cette triste réalité.

Il y a plus sérieux à faire dans ce pays pour le développement de la presse que des tournées pour expliquer comment couvrir des élections. Ici, la presse a donné à certains tous les privilèges et honneurs mais en retour, ils ne mouillent pas le maillot pour la presse comme le faisaient les Babacar Touré ou Sidy Lamine Niass. Alors aux jeunes de se retrouver pour faire bouger les lignes, nous avons le droit de vivre de notre métier correctement chez-nous avec beaucoup de plaisir et de fierté.

Ndiaga DIOUF

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