Facebook accuse Apple de nuire aux TPE… et à ses revenus publicitaires

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Pour être validé en tant qu’application sur l’App Store, les développeurs doivent désormais fournir des informations détaillées sur la façon dont les renseignements donnés par les utilisateurs sont récupérés et utilisés. Une fuite potentielle d’informations précieuses pour le réseau social.

Le géant des réseaux sociaux Facebook s’en est vivement pris à Apple mercredi, accusant la marque à la pomme de causer du tort aux petites entreprises avec ses nouvelles mesures de transparence sur la collecte des données personnelles.

“Les nouvelles règles du (système d’exploitation mobile) iOS 14 d’Apple vont avoir un impact nuisible sur de nombreuses petites entreprises qui luttent pour se maintenir à flot et sur l’Internet libre, sur lequel nous comptons tous plus que jamais”, écrit Dan Levy, vice-président de la pub et des produits commerciaux de Facebook dans un article de blog.

En début de semaine, à l’occasion d’une mise à jour d’iOS, Apple a renforcé ses critères pour les développeurs qui souhaitent proposer leurs applications en téléchargement sur l’App Store, la boutique en ligne du groupe californien.

Les développeurs doivent désormais fournir des informations détaillées sur la façon dont les renseignements donnés par les utilisateurs sont récupérés et utilisés.

Les détails concernant les données collectées par l’application Facebook sont particulièrement nombreux.

Apple a mis en avant un souci de transparence pour défendre ces changements, qui sont évoqués depuis le mois de juin et s’inscrivent dans une vaste politique de l’entreprise sur la gestion des données.

Mais Facebook estime qu’Apple est bien plus intéressé par les profits financiers que par la protection de la vie privée en limitant considérablement la possibilité pour les développeurs de diffuser des publicités ciblées.

Des pertes de revenus publicitaires pour Facebook

“Cela va contraindre les entreprises à se tourner vers des modèles d’abonnements et d’achats intégrés à l’application, ce qui signifie qu’Apple va en bénéficier et que de nombreux services gratuits vont devoir devenir payants ou quitter le marché”, indique M. Levy.

Le responsable va jusqu’à accuser Apple de pratique anticoncurrentielle “en se servant de leur contrôle de l’App Store pour faire gonfler leur bilan aux dépens des développeurs d’applis et des petites entreprises.”

Le fabricant d’iPhone prélève par ailleurs une commission pouvant aller jusqu’à 30% sur les transactions des consommateurs réalisées via l’App Store.

Le montant de cette “taxe” est notamment contesté par Epic Games, l’éditeur du populaire jeu vidéo Fortnite, dont le téléchargement est banni des appareils Apple jusqu’à l’été 2021.

Dans sa tribune, M. Levy indique que Facebook va fournir des éléments à la justice montrant que cette interdiction heurte les revenus publicitaires du réseau social.

Le groupe de Mark Zuckerberg s’est également offert une pleine page de publicité dans plusieurs grands quotidiens américains, dont le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal, et a mis en ligne un site regroupant des témoignages de petits commerçants.

Lors d’un sommet à Bruxelles la semaine dernière, le vice-président de l’ingénierie logicielle d’Apple, Craig Federighi, avait anticipé des réactions négatives aux nouvelles mesures sur la transparence.

Il avait alors qualifié ces attaques de “tentatives éhontées pour maintenir le statu quo sur l’intrusion dans la vie privée.”

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