CAN-2021 : petit à petit, le Sénégal est redevenu un favori

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Après un démarrage poussif, le Sénégal est monté en puissance lors des matches à élimination directe. De quoi lui recoller une étiquette de favori que les Lions de la Teranga rechignent à accepter avant leur demi-finale contre le Burkina Faso mercredi.
Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Cette morale de La Fontaine est également la philosophie du Sénégal dans la CAN-2022. Après un lent démarrage, les Lions de la Teranga se sont redécouverts des instincts de prédateurs et ont retrouvé le costume de favori taillé pour la Coupe d’Afrique des nations, avant sa demi-finale contre le Burkina Faso, mercredi 2 février au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé (20 h).

Finaliste de la dernière édition, mondialiste en 2018, armé comme jamais avec une star par ligne, Sadio Mané, Idrissa Gueye, Kalidou Koulibaly et Édouard Mendy, le Sénégal a débarqué au Cameroun dans les habits d’un prétendant ambitieux. L’effectif était tout simplement évalué comme le plus cher de la compétition.
« Une course de fond »

Mais un premier tour à un seul but marqué, un penalty de la dernière seconde – de Mané – contre le Zimbabwe, et des prestations indigestes posent question : est-ce que, comme l’autre finaliste de 2019 l’Algérie, le Sénégal est condamné à manquer son tournoi ?

« Les grandes équipes on les critiquera toujours, c’est normal, l’attente est énorme », explique à l’AFP l’ex-star sénégalaise El-Hadji Diouf. « Mais je le répète : la CAN n’est pas une course de vitesse mais une course de fond. »

Les Lions ont un peu élevé le niveau en huitièmes de finale face au Cap-Vert (2-0), en finissant certes à onze contre neuf, puis offert un des meilleurs matches du tournoi contre la séduisante Guinée équatoriale (3-1).

Le Sénégal « est une équipe qui monte en puissance, on a un potentiel énorme si on joue notre jeu », insiste Diouf, finaliste malheureux en 2002 contre le Cameroun (0-0, 3 t.a.b. à 2), une finale envisageable en 2022, les « Lions Indomptables » affrontant l’Égypte dans l’autre demie, jeudi.
Entre le Covid-19 et les problèmes administratifs de Pape Gueye, Aliou Cissé a dû bricoler. Il n’a jamais pu aligner son équipe type », explique Xavier Barret, chroniqueur pour France 24 et RFI. « C’est la première fois [contre la Guinée équatoriale] qu’il a pu reconduire son équipe type. Le Sénégal trouve donc enfin son rythme de croisière et ça tombe bien, on arrive dans les matches décisifs. »
« On ne s’enflamme pas »

Le sélectionneur Aliou Cissé veut toutefois refroidir un éventuel excès de confiance. « On ne s’enflamme pas, on sait que tout n’a pas été parfait » contre le « Nzalang » (Éclair) guinéen.

« On a gardé la foi, on a toujours cru en nous et travaillé malgré les critiques, aujourd’hui tout le monde est d’accord : le Sénégal est en train monter en puissance, mais l’équilibre est fragile », souligne l’entraîneur.

Un mot relayé par son capitaine Kalidou Koulibaly à la sortie du quart de finale contre  la Guinée équatoriale : « On sait qu’on peut mieux faire », a expliqué le défenseur napolitain au micro de France 24. « On sait qu’on est en train de monter en puissance. On sait qu’on peut encore mieux tenir le ballon mais il ne faut pas faire la fine bouche, on est qualifiés pour les demi-finales. Après les matches de poules, personne ne nous voyait là. »

« Il n’y a pas de favori ici, on n’a rien fait encore, on est en demi-finale, on est content aujourd’hui, on profite aujourd’hui, dès demain c’est reparti, on a un jour de moins de ‘récup » qu’eux », prévient le défenseur central du Paris SG, Abdou Diallo, dans une séquence tournée dans le vestiaire après le quart de finale et largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Les Lions de la Teranga ont au moins un avantage : Aliou est en place depuis mars 2015. « Depuis six ans, on a bourlingué partout sur le continent, joué toutes sortes de footballs, certains d’entre nous jouent leur quatrième CAN, moi je l’ai aussi jouée sur le terrain : c’est l’expérience », assure Aliou Cissé. « Dans les moments difficiles, on est resté sereins, on a avancé ensemble », poursuit-il.

« S’il y a une progression internationale sur les six dernières années, le Sénégal en fait partie. On était quatorzième en Afrique et 64e au classement Fifa quand je suis arrivé, aujourd’hui on est premiers sur le continent et dans le Top 20 mondial », a mis en avant le technicien en conférence de presse de veille de match, mardi. « Ce n’est pas un hasard, c’est un travail de longue haleine. »

Capitaine du Sénégal battu en finale de la CAN-2002, sélectionneur de l’équipe battue en finale de la CAN-2019, Aliou Cissé « ne pense pas à l’échec », mais « plutôt à tout faire pour passer ce cap » et remporter enfin le trophée continental pour le Sénégal.

Le Sénégal court après un trophée « depuis 1960, avec de très belles générations qui sont passées sans y parvenir », a poursuivi Cissé. Au Cameroun, « nous l’espérons, cette étoile, bien sûr, nous travaillons », a conclu l’entraîneur. « Nous avons l’opportunité de faire partie de cette génération qui peut gagner. Mais c’est une motivation, un marathon, de croire qu’au bout, la lumière sera là. »

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