AMAZON, FACEBOOK ET GOOGLE ACCUSÉS DE FINANCER LES SITES PIRATES

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La Digital Citizens Alliance vient de publier les résultats d’une nouvelle étude portant sur les revenus des sites pirates. Elle pointe du doigt trois géants du web : Amazon, Facebook et Google.

La plupart des sites du web sont financés grâce à la publicité. Très peu d’entre eux optent en effet pour un modèle payant. C’est encore plus vrai pour les sites pirates. Sans ces revenus, ils auraient beaucoup de mal à subsister et à continuer leurs activités.

Or justement, la semaine dernière, la Digital Citizens Alliance a publié les résultats d’une étude de longue haleine portant sur l’origine des campagnes publicitaires diffusées sur ces sites.

Un rapport portant sur la publicité sur les sites pirates

Baptisée “Breaking (B)ads”, cette dernière a porté sur 6 194 sites pirates et sur 884 applications du même domaine. En cumulant les données de ces différentes sources, l’alliance a conclu que les sites pirates avaient généré plus de 1 milliard de dollars de revenus publicitaires, contre 259 millions pour les applications.

Intéressant, mais ce n’est pas fini. Il semblerait en effet qu’une bonne partie de cette somme soit gagnée par un petit groupe de pirate. Les cinq sites les plus en vus atteindraient ainsi un revenu moyen de 18,3 millions de dollars. Plus intéressant, les cinq applications les plus populaires rapporteraient presque le double avec 27,6 millions de dollars de recettes.

Mais alors, d’où viennent toutes ces campagnes ? Eh bien toujours selon cette étude, les plus gros acteurs du marché de la pub auraient payé pas moins de 100 millions de dollars aux administrateurs de sites pirates sur l’année écoulée. A elles seules, elles représenterait 4 % des revenus publicitaires des sites et… 24 % de ceux des applications.

Amazon, Facebook et Google diffuseraient leurs campagnes sur de nombreux sites illégaux

Sans surprise, sur ces marques, trois notamment se distingueraient du lot, à savoir Amazon, Facebook et Google. Il faut en effet rappeler que ces dernières sont très bien implantées sur le marché de la pub et il est donc logique que leur nom ressorte du lot.

Toutefois, du point de vue de la Digital Citizens Alliance, il ne faut pas minimiser leur responsabilité pour autant. L’association indique en effet que ces trois entreprises totalisent à elles seules les trois quarts des annonces publiées par les marques du classement Fortune 500 sur les sites et applications pirates. Et elle les accuse donc de financer par la même occasion le piratage. De le financer, et de le favoriser.

En revanche, ces trois entreprises ne font pas non plus jeu égal.

Des conclusions qui surprennent

Dans son analyse, TorrentFreak explique ainsi que les publicités de Google sont très présentes sur les applications de piratage. A eux deux, Google CDN et Google Ad Tech diffuseraient ainsi 50 % de toutes leurs publicités.

Des chiffres qui surprennent. Google, de son côté, a justement mis en place un certain nombre de garde-fous pour limiter la diffusion d’annonces publicitaires sur des pages dont le contenu est jugé comme sensible.

Rien que sur la Fredzone, tous les articles contenant des mots-clés comme Pornhub, YouPorn ou même Jacquie et Michel sont ainsi systématiquement démonétisés, et ce même s’ils ne comprennent pas de contenus pornographiques ou érotiques. Même chose pour les news et dossiers traitant de sexualité, même au sens strictement scientifique du terme.

Dans ce contexte, on imagine évidemment mal Google diffuser les campagnes de son réseau sur des sites proposant des contenus illégaux. Signalons d’ailleurs que ce dernier n’a pas encore commenté le rapport de Digital Citizens Alliance, un rapport que vous pouvez consulter dès à présent en suivant ce lien.

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