Politique : Quand le Covid-19 pourrit le mandat de Macky

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Le covid-19 en a bouleversé bien des agendas. Le mal qui est né en chine en décembre dernier a envahi la planète provoqué la stupeur et continue à faire trembler des puissances. Depuis son débarquement au Sénégal, le coronavirus a infecté la gouvernance de Macky Sall et chamboulé tellement de prévisions.

Celui qui avait dés le début du quinquennat théorisé le “Fast Tract” un concept qui l’avait poussé à effacer de l’architecture institutionnelle le poste de Premier ministre voit aujourd’hui toute son action plombée par le coronavirus. La bonne santé économique reflétée par un bon taux de croissance sans cesse brandit par le régime pour vanter la réussite de leur politique sera le premier à pâtir des suites de cette épidémie et le Président ne s’y trompe pas, “notre croissance économique soutenue sur plusieurs années est brutalement freinée et passera de 6,8% à moins de 3%”, a-t-il affirmé lors de son adresse à la nation, à la veille du 60e anniversaire de l’indépendance du Sénégal. Un discours qui contraste avec ses bonnes intentions en début de quinquennat, “nos acquis sont indéniables et seront renforcés par la mise en œuvre de la deuxième phase du PSE qui porte sur la période 2019-2024. En même temps, je suis conscient des défis devant nous ; parce que j’ai le Sénégal au cœur”. Certes, mais le covid-19 a tout chamboulé et le Président de la République le reconnait, “comme partout ailleurs, notre économie subit de plein fouet l’impact du Covid-19. Des secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, les transports, le commerce, la culture, le bâtiment et les travaux publics, entre autres, sont durement affectés”, et des dispositions sont prises à travers Force Covid-19 pour perfusionner tous ces secteurs essentiels mais aussi assister les couches vulnérables à travers une enveloppe de 69 milliards. La stratégie est claire, atténuer le choc. Mais jusqu’à quand ? Nombre d’observateurs s’accordent sur la complexité de l’après crise. Des grognes se font déjà entendre mais sont vites atténuées par le climat d’unité nationale en cette période de “guerre”. Le Général en Chef le sait, la véritable bataille, à gagner impérativement, est celle du jour d’après. Il a beau multiplier les actes de compassion mais l’ingratitude est le propre des peuples.