Mali : la croisade antisystème de Mahmoud Dicko

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Ce vendredi 5 juin, l’imam Mahmoud Dicko avait appelé à manifester contre la mauvaise gouvernance aux côtés de plusieurs partis d’opposition. Portrait d’un homme qui, en quelques mois, est devenu la principale figure de la contestation au Mali.

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Publiée par Actuel Média sur Vendredi 5 juin 2020

Il est midi ce dimanche, et les rayons du soleil répandent une chaleur insoutenable en cette fin de février. Mahmoud Dicko raccompagne un visiteur à la porte de son domicile bamakois. Costume impeccable et sourire aux lèvres, l’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo lui serre la main puis s’installe à bord d’une berline noire et disparaît dans un nuage de poussière. Mahmoud Dicko regagne l’un des salons climatisés de sa villa, où patientent les visiteurs. Pieds nus, vêtu d’un simple boubou, l’imam à la barbe grisonnante prend le temps d’écouter.
Sorties virulentes

Depuis qu’il a quitté la tête du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), en avril 2019, Mahmoud Dicko ne chôme pas. « J’officie dans ma mosquée, je lis et je reçois des visiteurs chaque jour », confie-t-il. Ce que ne dit pas ce religieux, qui fait partie de ceux qui ont obtenu la démission du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, en avril 2019, et qui a, en août suivant, créé une structure destinée à entretenir son influence (Coordination des mouvements, associations et sympathisants, CMAS), c’est qu’il est devenu la figure principale de contestation dans le pays. Ses meetings rassemblent des milliers de personnes, et ses sorties virulentes font trembler le pouvoir.