Le couple présidentiel français a décidé de ne plus laisser passer les théories du complot et attaque en justice la podcasteuse américaine pour diffamation.
Emmanuel et Brigitte Macron ont franchi le Rubicon. Lassés des théories du complot qui circulent à leur sujet depuis des années, le couple présidentiel a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux américains. Leur cible : Candace Owens, influenceuse controversée aux millions de followers, poursuivie pour avoir propagé des allégations diffamatoires concernant la Première dame française.
Une théorie du complot persistante
L’affaire remonte à une théorie conspirationniste aussi absurde que tenace, affirmant que Brigitte Macron serait née homme sous le nom de Jean-Michel Trogneux – en réalité le prénom de son frère. Cette rumeur, qui circule depuis des années sur les forums Internet, prétend qu’elle aurait pris l’identité de sa sœur décédée, allant jusqu’à changer de sexe.
Si cette théorie avait jusqu’alors été confinée aux recoins obscurs du web, elle a pris une nouvelle ampleur lorsque Candace Owens, figure emblématique de la mouvance conservatrice américaine, a décidé de lui donner une caisse de résonance via son podcast « Candace » et ses réseaux sociaux.
Une campagne de harcèlement organisée
Selon le dossier de plainte déposé dans l’État du Delaware et consulté par l’agence Reuters, les Macron accusent la podcasteuse d’avoir diffusé des « fictions extravagantes, diffamatoires et farfelues ». Plus grave encore, ils dénoncent une campagne délibérée visant à « enflammer la toile et à rabaisser Brigitte Macron », transformant ces allégations en véritable « harcèlement incessant à l’échelle mondiale ».
La stratégie de Candace Owens ne s’est pas limitée à une simple mention. L’influenceuse a répété ces accusations à plusieurs reprises, amplifiant leur portée auprès de son audience considérable. Cette persistance a même inspiré d’autres figures médiatiques conservatrices comme Tucker Carlson et Joe Rogan, qui ont également évoqué ces théories dans leurs émissions respectives.
Un ultimatum ignoré
Avant d’engager des poursuites, le couple Macron a tenté une approche diplomatique. Ils ont donné à Candace Owens l’opportunité de se rétracter, lui fournissant même « des preuves crédibles » réfutant ses allégations. Face au refus catégorique de la podcasteuse, les Macron ont décidé de porter l’affaire devant les tribunaux.
Cette escalade judiciaire intervient dans un contexte où les théories du complot trouvent un terrain fertile sur les réseaux sociaux, particulièrement lorsqu’elles visent des figures publiques.
La défense du Premier Amendement
De son côté, Candace Owens ne se laisse pas impressionner. Par l’intermédiaire de sa porte-parole, elle dénonce une « tentative d’intimidation » et invoque la protection du Premier Amendement, se présentant comme une « journaliste américaine indépendante ». Cette défense fait écho à ses précédentes controverses, elle qui a déjà propagé des théories conspirationnistes sur la Covid-19, l’Holocauste ou encore l’arrivée de l’homme sur la Lune.
Un précédent judiciaire complexe
L’issue de ce procès américain reste incertaine, d’autant que les Macron ont déjà fait face à des rebondissements judiciaires concernant cette même théorie. En septembre 2024, un tribunal français avait condamné Amandine Roy, une médium autoproclamée, et Natasha Rey pour avoir propagé ces mêmes allégations lors d’une interview sur YouTube. Initialement condamnées à verser 14 000 euros de dommages-intérêts, elles ont finalement été mises hors de cause en appel.
Ce retournement de situation a poussé Brigitte Macron à se pourvoir en cassation, ultime recours sur le territoire français, illustrant la complexité juridique de ces affaires.
L’enjeu de la « malveillance réelle »
Pour obtenir gain de cause aux États-Unis, les Macron devront prouver qu’il y a eu « malveillance réelle » de la part de Candace Owens – un standard juridique américain particulièrement exigeant en matière de diffamation concernant les personnalités publiques. Le montant des dommages-intérêts réclamés n’a pas encore été révélé.
Ce procès transatlantique soulève des questions cruciales sur la liberté d’expression, les limites de la critique politique et la responsabilité des influenceurs à l’ère numérique. Il illustre également la détermination du couple présidentiel à ne plus subir passivement les attaques diffamatoires, marquant peut-être un tournant dans leur approche face aux théories du complot qui les visent.